Le solfège de la musique karnatique
L'apprentissage de la musique karnatique se fait à travers les swaras ou notes. Ces swaras sont les codifications des sons utilisés puis répertoriés par les grands théoriciens tels que Baratha ou Matanga.
Ces notes sont au nombre de 7 et sont :
SA, RI, GA, MA, PA, DA, NI.
Ces notes devront être chantées puis jouées sur les différents instruments.
Chaque note est l'abréviation d'un mot précis avec une signification propre à chaque note.

SA SAdjam
RI RIshabam
GA GAndharam
MA MAdhyamam
PA PAnchamam
DA DAivatham
NI NIshadam

> Sadjam : Sadja (né des six)
Un souffle s'élève du nombril né de six emplacements :le nombril, la poitrine, le cœur, les cotés et la tête. Le sens originel du mot Sadja est probablement "né des six autres" ou plutôt "père des six autres", se référant à son rôle d'initiale dans la gamme de sept notes. Ce sens toutefois n'est mentionné que par quelques textes, en particulier par Matanga.

> Rishaba (le taureau)
Rishaba s'élève, comme un tourbillon, de la racine du nombril au milieu de la cavité du ventre et mugit comme un taureau. D'après Matanga, : "arrivant au cœur plus rapidement que les autres il est appelé le taureau" ; Il ressort parmi les autres notes comme un puissant taureau parmi les vaches, c'est pourquoi il est appelé Rishaba.

> Gandhara (note du nez)
Un souffle part du nombril et sort avec bruit par la seule voie du courant des odeurs (i.e le nez, gandha). Kallinaha cite Matanga qui dit que cette note est appelé Gandhara en tant que "véhicule du langage musical".

> Madhyama provient du centre du corps. Venant de la racine du nombril, il est profond et un peu aigu par sa nature. D'après Matanga : "Cette note, étant la note centrale, est appelé Madhyama(note médiane)".

> Pançama (cinquième note)
Née de la combinaison des cinq souffles vitaux : Prãna (souffle respiratoire), Apãna (souffle excrétoire), Samãna (assimilation), Udãna (toux) et Vyãna (circulation), cette note est appelé Pançãma (des cinq).

> Daivatha (harmonieux)
Partant du nombril vers le bas et atteignant l'anus, puis tirée de nouveau, elle se meurt rapidement comme en courant (dhavan) jusqu'à la gorge. C'est pourquoi on l'appelle Daivatha (courant, ou harmonieux), car il s'harmonise bien avec les notes précédentes. Certains le considèrent plus important que Nishada.

> Nishada (assis)
Toutes les autres notes, déjà mentionné, trouvent aisément leur repos dans ce septième son, c'est pourquoi on l'appelle nishada (assis).

Le Paon crie Sadja, le taureau mugit Rishaba, le bélier et le mouton bèlent Gandhara, le coq chante madhyama, Kokila (coucou indien) dit pançama quand le printemps arrive, le cheval hennit Daivatha et l'éléphant fait entendre Nishada.
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